Vous connaissez sûrement les suites arithmétiques. Mais savez-vous qu’elles font partie d’une plus grande famille ?
Suites arithmétiques de degré d: introduction
La suite des carrés parfaits
Nous allons prendre l’exemple de la suite des carrés parfaits:un=n2.
Valeurs de n | Valeurs de n² |
---|---|
0 | 0 |
1 | 1 |
2 | 4 |
3 | 9 |
4 | 16 |
5 | 25 |
6 | 36 |
7 | 49 |
8 | 64 |
9 | 81 |
Maintenant, regardons la suite définie pour tout entier naturel n par:vn=un+1−un.
Valeurs de n | Valeurs de n² | Valeurs de vn |
---|---|---|
0 | 0 | – |
1 | 1 | v0=1–0=1 |
2 | 4 | v1=4–1=3 |
3 | 9 | v2=9–4=5 |
4 | 16 | v3=16–9=7 |
5 | 25 | v4=25–16=9 |
6 | 36 | v5=36–25=11 |
7 | 49 | v6=49–36=13 |
8 | 64 | v7=64–49=15 |
9 | 81 | v8=81–64=17 |
La suite (vn) est arithmétique de raison r = 2.
On dira alors que (un) est une suite arithmétique de degré 2.
La suite des nombres pentagonaux
On peut représenter cette suite (u(0)n) ainsi:
On peut « décomposer » cette suite ainsi:
Valeurs de u(0)n | u(1)n=u(0)n–u(0)n−1 | u(2)n=u(1)n−u(1)n−1 |
---|---|---|
u0=1 | ||
u1=5 | 4 | |
u2=12 | 7 | 3 |
u3=22 | 10 | 3 |
u4=35 | 13 | 3 |
Cette suite est aussi une suite arithmétique de degré 2. Dans ce tableau , j’ai volontairement « poussé » jusqu’à obtenir une suite constante pour mettre en relief la raison pour laquelle le degré est 2: on a « décomposé » la suite initiale à l’aide de 2 suites, dont la dernière est constante.
Suites arithmétiques de degré d: généralités
Définition d’une suite arithmétique de degré d
Une suite numérique (u(0)n) est arithmétique de degré d s’il existe un ensemble de suites {(u(1)n)},{(u(2)n)},…,{(u(d)n)} telles que:∀p∈[0;d−1]∩N, ∀n∈N∗, u(p)n=u(p)n−1+u(p+1)n−1, où (u(d)n) est une suite constante.
La raison d’une telle suite est la valeur de u(d)0.
Un autre exemple
Si on découpe un plan à l’aide de n droites, le nombre maximum de régions du plan est une suite arithmétique de degré 2 et de raison 1.
Terme général d’une suite arithmétique de degré d
Si (u(d)n) est une suite arithmétique de degré d et de raison r, alors:∀n∈N, u(0)n=d−1∑m=0(u(m)0Pm(n))+rPd(n),où la famille de polynômes Pk(n) est définie par:∀n∈N, {P0(n)=1∀k∈N, Pk+1(n)=n∑j=1Pk(j)
La démonstration est plutôt longue mais elle est disponible dans mon livre « Ainsi de suite« , disponible gratuitement en téléchargement au format PDF. Cela se démontre par récurrence.
Conséquences
Ce dernier résultat montre que le terme général d’une suite arithmétique de degré d s’exprime comme un polynôme de degré d:∀ n∈N, u(d)n=αdnd+⋯+α1n+α0. Pour déterminer la valeur des coefficients \(\alpha
_k\), il suffit de résoudre le système linéaire de Vandermonde suivant :{u(0)1=α0+α1+⋯+αdu(0)2=α0+2α1+⋯+2dαd⋮u(0)d+1=α0+(d+1)α1+⋯+(d+1)dαd
Une application aux suites arithmétiques de degré d: les nombres polygonaux
Nous en avons brièvement parlé précédemment lorsque nous avons regardé la suite pentagonale.



On arrive à démontrer à l’aide du résultat précédent que:∀p⩾3, u(p)n=n(4−p+(p−2)n)2.
Un peu de Python
Je vous propose un programme Python qui permet de voir si une suite est arithmétique de degré d.
def is_ardeg(liste , degre = 0): if len(liste) != 1: comp = [0] * len(liste) if liste == comp: return True , degre-1 else: # on vérifie s'il y a deux éléments identiques dans la liste comp = [ liste[0] ] * len(liste) if liste != comp: for e in liste: i = liste.index(e) L = liste[:i] + liste[i+1:] if e in L: return False u = [] for n in range(1,len(liste)): u.append( liste[n-1] - liste[n] ) return is_ardeg(u,degre+1) else: return False , "Pas assez d'éléments pour conclure."
>>> L = [i**2 for i in range(10)]
>>> is_ardeg(L)
(True, 2)
>>> is_ardeg([1, 3, 5, 7, 8, 9, 11])
False